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Samedi (24/06/06)
The blue blue sky
Quand je descends, il est 10h45. Il y a un mot sur l'ardoise qui est posée sur la table.

10h30 :

Je suis à St Sever

et reviens

avant la kermesse

Papa

Je petit-déjeune, je range le jus de fruits et le lait, je lave mon bol, mon verre, ma cuillère, j'entre dans la salle de bains, j'en ressors quelques minutes plus tard, je m'habille, je file ici, j'écris un peu, et puis l'heure tourne.

J'écoute le silence au cas où IL revienne. Mais je n'entends rien.

11h45 Je me dis qu'IL commence à tarder, qu'on doit y être vers midi. Je redescends, l'ardoise est toujours au même endroit.

Je vais sur le canapé, attrape le télé poche, l'ouvre, le referme, allume la télé puis l'éteint, feuillette le Figaro madame.

12h30 Toujours pas là. Je commence à m'inquiéter (un peu). Je vais dans la salle et regarde plus attentivement l'ardoise. Et l'heure n'est plus la même !

11h30 :

Je pars

à

la kermesse

Papa

Une grosse boule se met à grandir dans ma gorge.

J'attrape mes clés, je sors.

Je ne sais pas pourquoi je le prends comme ça, mais je le prends mal. Je suis triste, déçue. Je me sens (encore une fois) abandonnée (A-BAN-DO-NNNNNNNNNNNNNNÉÉÉÉHHHÉÉÉÉ).

J'allume mon iPod, et me console avec ce verre qui se casse presque joyeusement, avec ces paroles un peu lucides, un peu acides (comme du citron) mais presque joyeuses elles aussi.

I wonder how, I wonder why

Yesterday you told me about the blue blue sky

And all that I can see is just a yellow lemon tree

Ce que je préfère c'est le double blue.

J'ai peur de traverser quand le petit bonhomme est rouge depuis qu'il s'est fait renversé.

Il y a une twingo rose dans la rue gadeau de kerville, mais je sais que ce n'est pas celle de Christine. Je lis quand même les deux lettres de la plaque d'immatriculation, mais non, ce ne sont pas les mêmes.

J'entre dans l'école, je LES cherche, je LES trouve.

L'amant de Christine s'occupe du barbecue, et son ennemi épidermique s'occupe de faire passer les plats à remplir.

J'aperçois Angélique et sa tribu là-bas à la table. Roger s'installe avec nous. Il nous raconte son accident. Je mange machinalement.

Ensuite je vais acheter le journal de Denis, sa femme me remercie plus vivement que lui, elle me dit qu'elle a adoré le spectacle d'hier, qu'elle a beaucoup ri.

J'attrape SON appareil photo et me met à mitrailler tout le monde.

Je croise une jolie petite fleur nommée Colombe, je souris parce qu'elle est mignonne et parce que je sais ce que c'est d'être déguisée en fleur pour la kermesse...

Puis je m'installe à l'entrée du gymnase transformé en "salle de spectacle" (tout est relatif) pour l'occasion. Je rappelle de l'an dernier, et de notre Barbie Girl qui avait tellement plu aux vingt pauvres personnes qui restaient dans la salle qu'elles n'applaudissaient pas. Partout il y a des enfants déguisés, et comme une ambiance de carnaval où tout le monde joue à être quelqu'un d'autre.

Vers la fin du spectacle de Colombe, j'entends comme un bruit bizarre près de mon oreille, une sorte de "smack", puis mes narines identifient rapidement un parfum, je me retourne eeeet oui... Je n'ai pas rêvé ! C'est bien Christine ! Elle s'exclame joyeusement :

Aaaah pour une fois que c'est moi qui te surprends !!

On regarde les autres numéros, on repère tous les chauves, on se raconte des choses, on rit beaucoup. Je lui raconte comment ILS m'ont abandonnée ce matin. Que c'est bizarre mais que je l'ai mal pris. Elle me dit que c'est normal et compréhensible.

Je ne l'appelle pas une seule fois Maman et pourtant je ne l'ai jamais sentie aussi maternelle. Peut-être est-ce parce que les autres ne sont pas là.

Elle me dit qu'elle est quand même un peu déçue parfois de leurs réactions qui montrent qu'ils n'ont pas confiance en elle. Moi je lui dis que j'ai toujours confiance en elle. Elle me répond que c'est vrai, et qu'elle n'en doute pas.

J'aime bien ce long moment inattendu que je passe avec elle là. Je n'étais pas tellement en forme, je n'avais pas tellement le moral, et puis soudain Maman Poule débarque, et tout va (un peu) mieux.

Je les raccompagne, elle et Camille, jusqu'à leur twingo, et puis retourne dans la cour de l'école. Je reste encore un peu, et puis je LUI dis que je rentre à la maison, que je suis fatiguée.

Je passe par le parc, puis par la rue Étienne Delarue et m'aperçois qu'à l'école Saint Sever Saint Clément c'est aussi la kermesse.

Je passe devant, lentement, puis reviens sur mes pas et entre dans l'école.

Je ne reconnais pas tout tout de suite mais c'est quand je passe la porte et arrive dans la cour que ces moments de mon enfance me reviennent.

Je vois la scène, les rideaux jaunes, le petit escalier derrière. Je me souviens qu'après mon spectacle, si je ne LES avais pas repérés lorsque j'étais sur scène, j'avais très peur de ne pas LES retrouver et d'être abandonnée.

Je traverse la cour, j'entends quelqu'un appeler mon prénom, mais ce n'est pas à moi qu'est destiné cet appel. J'ai l'impression que les enfants qui jouent dans cette cour ne sont pas vraiment les mêmes que ceux que je viens de quitter.

Je cherche des visages connus, comme si tout était resté identique, comme si personne n'avait grandi, comme si rien n'avait bougé.

J'aperçois une fille que je connais de vue mais qui n'a rien à voir avec cette école (du moins pas dans mes souvenirs).

Je me demande si là il n'y avait pas un toit ou une poutre, ou quelque chose qui manquerait. Je me souviens d'avoir échangé des billes avec Richard à cet endroit précis.

Je me mets à chercher des femmes qui pourraient correspondre à mes maîtresses d'école, mais je n'en trouve aucune.

Je rentre à nouveau dans le grand hall et là, sur ma droite, un parfum me saisit. Je le connais, je ferme les yeux juste une seconde. Ce parfum est doux, subtil et maternel. Je sais que c'est celui de ma maîtresse de Grande Section. Mais je ne la vois pas.

Quand je ressors de l'école, je reconnais Sylvie, ma maîtresse de Moyenne Section. Je reconnais aussi son air agacé, presque un peu cruel, une amertume dans ma bouche, goût des injustices subies, celles dont je ne veux pas me rappeler.

Sur ces bonnes paroles je vais me coucher, ou plutôt errer dans ma chambre, car ELLE est déjà couchée, et SES soupirs intolérants me donnent le signal qu'il faut que je déguerpisse au plus vite.

Ecrit par rafaelle-, à 21:45 dans la rubrique Quand la lune prend la place.
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